forage au chef lieu de Dianguirdé
Anna Coulibaly et Astan Coulibaly
Après six mois de travail sur les dossiers de coopération décentralisée entre Ivry et Dianguirdé, j’ai enfin réalisé ma première mission sur le terrain. En juillet, j'ai donc passé deux semaines au Mali pendant lesquelles j’ai pu découvrir les projets et faire connaissance avec mes partenaires. J’avais régulièrement échangé par téléphone avec Séverin Dembélé, le secrétaire général de la commune. Comme sa voix le laissait présager, c’est quelqu’un de très sympathique et engagé. Il a le mérite de se démener dans une commune sans ressources, dans laquelle les habitants n’ont pas encore de conscience citoyenne. A notre arrivée, cela faisait 3 mois qu’il n’avait pas été payé….
Avec le comité de jumelage, nous avons sillonné la commune composée de 14 villages pour faire un suivi des projets. Ceux-ci concernent l’accès à l’eau, la santé, l’éducation et les activités génératrices de revenus pour les femmes.
Ivry a cofinancé une dizaine de forages en 2007. Ces points d’eau ont réellement révolutionné la vie des femmes. Malheureusement certaines pompes sont déjà défectueuses. Il est donc urgent de mettre en place des formations pour la maintenance et la réparation du matériel. Après avoir rencontré les différents services techniques concernés, nous espérons que les comités de gestion soient fonctionnels d’ici la fin de l’année.
L’accès à l’eau permet aux femmes de faire des projets, et notamment de développer des activités de maraîchage, pour leur propre consommation mais aussi pour générer des revenus. Nous rencontrons donc différents groupes de femmes pour évaluer les besoins en matériel et en formation. A chaque fois que je leur demande ce qu’elles souhaitent faire pousser, elles me répondent inexorablement des oignons, et parfois des pommes de terres et des carottes. En fait, le problème de stockage et de transport rend impossible la culture de tomates, haricots, salades… (nous avons passé 12 jours à manger des plats à la sauce oignon, sans le moindre légume vert !) Reste à assurer la formation et notamment l’alphabétisation de ces femmes. Car une chose est de cultiver, une autre et de savoir gérer un petit commerce !
Après avoir travaillé au PACT sur la méthodologie de projets, je suis satisfaite de pouvoir mener directement des actions de développement. En deux ans au Mali, je n’avais jamais fait une mission de terrain si longue en brousse. Le passage de la « modularisation » à la pratique n’est bien sûr pas évident. La ville d’Ivry n’est pas la coopération allemande. Le manque d’expérience, de méthode et de moyens rend la gestion de projet plus difficile. Je suis pas seule à décider et dois faire de nombreux compromis. La gestion ponctuelle des projets et le manque de vision (au détriment d’un renforcement des capacités sur le long terme) m’exaspèrent parfois. Mais cette mise en situation me permet de faire appel, une fois de plus, à ma patience et à mes qualités de pédagogie et de persuasion ! En espérant que je pourrai bientôt voir l'impact sur le terrain. Inch allah !
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